Fondée
par le Dr Majdi Nagara, docteur en intelligence artificielle et bioinformatique, et Salem Janeb, CTO spécialisé en architectures logicielles, VirtuBiopsy s’attaque à l’un des paradoxes les plus coûteux (et douloureux pour les patients) de la médecine moderne. En Europe, 3,2 millions de biopsies sont pratiquées chaque année, dont près de 70 % s’avèrent inutiles, ce qui génère plus de 3 milliards d’euros de dépenses évitables et jusqu’à 20 % de complications médicales. Pourtant, les données nécessaires à une meilleure décision clinique existent déjà dans le dossier du patient. Il manquait l’intelligence capable de les lire ensemble.
C’est précisément la promesse de VirtuBiopsy. Avec sa plateforme d’IA multimodale la deeptech fusionne imagerie médicale, profils génomiques et données cliniques pour prédire le résultat histopathologique avant tout geste invasif. Son architecture propriétaire, protégée par un brevet INPI déposé début 2026, mobilise des Vision Transformers (technologies qui révolutionnent le traitement des images) et des approches multi-omiques (combinaison des données génomiques, transcriptomiques, protéomiques, métabolomiques et épigénomiques) pour délivrer en moins de 30 minutes un score de malignité explicable. Le prototype Alpha, développé sur le cancer du sein, affiche déjà une précision de 72 % sur 1 080 cas réels. Le CHU de Nice et le CH de Cannes comptent parmi les partenaires hospitaliers engagés dans le co-développement et la validation clinique de la solution sur le cancer du poumon et le cancer de la prostate.
Pour structurer son développement réglementaire et clinique, VirtuBiopsy bénéficie d’un ancrage stratégique dans l’écosystème deeptech médical. Des partenariats ont été formalisés dès février 2026 avec l’AP-HP Paris (39 hôpitaux), le CHU de Nice et le Centre Hospitalier de Cannes, ouvrant l’accès à une grande cohorte : 5 000 cas cliniques qualifiés pour un co-développement étroit avec les praticiens hospitaliers.
“Notre impact est triple, rappelle le Dr Majdi Nagara : une économie annuelle de l’ordre de 300 M€ pour la Sécurité Sociale ; des biopsies toujours traumatisantes évitées pour les patients ; pour les médecins, du temps libéré et une aide au diagnostic du cancer.” Les clients ? Les hôpitaux publics bien sûr, mais aussi les centres de radiologie et d’oncologie. Seul projet en pré-biopsie dans le monde, VirtuBiopsy compte lever de 1 à 2 M€ fin 2026-début 2027 pour assurer son parcours, puis table sur une série A de 4,5 à 5 M€.
Son ambition ? Devenir d’ici 2032 la référence mondiale du diagnostic oncologique pré-biopsie. Ce qu’elle attend de l’incubateur ? Un encadrement et un suivi du projet, une aide pour mettre en place une demande de subvention BPI, pour trouver les bons conseillers et des contacts pour se rapprocher des laboratoires en IA dans la collaboration avec les hôpitaux.
