Neurochirurgien, Thierry Desjardins en rêvait : des sondes chirurgicales intelligentes, capables d’analyser les tissus in vivo en temps réel pendant une opération pour éviter la chirurgie à l’aveugle. Il y a une dizaine d’années, ces outils n’existaient pas. Il a aussi voulu les créer en associant à ses compétences chirurgicales, celles des technologies numériques de Nicolas Veau, ingénieur CentraleSupélec, ancien de Texas Instruments et d’Oticon médical à Sophia Antipolis.

Un premier projet est né : SurgiSafe. Il a permis de développer Tamanoir, une canule d’aspiration intelligente conçue pour détecter en temps réel des tissus anormaux, des fuites de liquides biologiques ou des structures anatomiques à risque. Un outil simple d’emploi pour mieux détecter des tissus suspects pendant une intervention. SurTouch reprend les acquis technologiques de SurgiSafe, mais compte aller beaucoup plus loin : dans un même geste chirurgical, repérer en temps réel les cellules tumorales et les détruire.

À la base, une technologie qui repose sur la spectroscopie diélectrique pour identifier instantanément la signature biophysique des tissus, sans nécessité de prélèvement ni marquage. Avec le même outil, grâce à une technologie d’électroporation adaptative, un bref choc électrique déclenché directement sur les cellules dans les zones pathologiques détectées permet de les détruire. Guidé par des algorithmes dédiés, l’outil fournit au chirurgien une aide à la décision immédiate et permet une cartographie per-opératoire des marges tumorales. “La première version de l’instrument, qui ressemble à une canule d’aspiration, va toucher les tissus, donner un diagnostic et, le cas échéant, permettre une action en détruisant les cellules tumorales ciblées” explique Thierry Desjardins. “Cette approche ouvre la voie à une chirurgie oncologique personnalisée et augmentée par la donnée, avec un fort potentiel d’impact clinique et économique à l’échelle mondiale.”

Une preuve de concept a déjà été réalisée sur le cancer du sein avec le Centre Antoine Lacassagne à Nice et les étapes de validation pour le stade pré-clinique ont été engagées. Moins lourde en contraintes réglementaires, la partie diagnostic sera développée en premier. Suivra le volet traitement avec la destruction sélective des cellules cibles. SurTouch compte aussi adresser le domaine vétérinaire pour enrichir ses algorithmes et répondre à une demande croissante pour les animaux de compagnie. Parmi ses partenaires, la medtech, lauréate du programme européen Ulysseus, compte notamment avec le CNRS à Toulouse, spécialiste de l’électroporation, et le CEA Leti à Grenoble.

Ce qui est attendu de l’incubateur ? Un accompagnement pour la création de la SAS, un accès au réseau de la recherche publique, une aide pour la levée de fonds, un appui pour la recherche de partenaires industriels ou encore pour le montage du dossier réglementaire.

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