Pépite du newspace, Orus rejoint French Tech 2030
Sortie de l’Incubateur Provence Côte d’Azur en mai 2025, Orus poursuit son ascension dans le NewSpace. La startup sophipolitaine, fondée en 2024 par Laurent Escarrat et Vincent David, intègre la promotion 2026 de French Tech 2030, le programme de la Mission French Tech dédié aux entreprises qui développent des technologies stratégiques. Elle fait partie des 80 lauréats retenus dans huit domaines, et des 13 seulement du secteur spatial. Orus développe une constellation de cinq microsatellites d’observation de la Terre. Elle mise sur l’imagerie hyperspectrale qui, associée à l’intelligence artificielle, analyse la lumière réfléchie pour renseigner sur la composition des sols, l’état des végétaux, les matériaux ou les masses d’eau. Ses données s’adressent à l’agriculture, à la gestion des ressources naturelles, à la surveillance environnementale, aux infrastructures critiques et à la défense.
Cette sélection couronne une année riche depuis la fin de son incubation. En juin 2025, Orus a annoncé une levée de fonds de 5 millions d’euros. Elle a ensuite signé avec l’Agence spatiale européenne un contrat de 3 millions d’euros dans le cadre du programme Copernicus Contributing Missions, officialisé au Living Planet Symposium de Vienne. Pendant un an, French Tech 2030 lui apportera un accompagnement opérationnel : facilitation des démarches auprès des administrations, appui à la structuration de ses financements, actions de visibilité et mise en relation pour nouer des partenariats.
CTX Lab ouvre son capital au grand public sur WiSEED
Sortie de l’Incubateur Provence Côte d’Azur en décembre 2023, CTX Lab franchit une nouvelle étape en lançant une campagne de financement participatif sur la plateforme WiSEED. Fondée en 2021 à Sainte-Maxime par le Dr Marc Sénéchal, médecin, et Marie Raudier, la startup développe CTX01. Ce dispositif médical vise à prévenir les cystites récidivantes chez la femme, sans antibiotique. Il s’agit d’un gel barrière 100 % mécanique, qui bloque physiquement la migration des bactéries sans principe actif ni perturbation du microbiote. La promesse : “aucune femme ne devrait avoir à organiser sa vie autour des infections urinaires”.
Le projet est né de l’expérience personnelle de Marie Raudier, aujourd’hui patiente experte. Il répond à un double enjeu : soulager des millions de femmes confrontées à une pathologie encore taboue, et limiter le recours aux antibiotiques, dans un contexte d’antibiorésistance croissante. CTX Lab a su consolider ses fondations. La startup a mené quatre années de R&D, validé une preuve de concept in vitro et in vivo, et déposé trois brevets. Elle dispose aussi d’une licence exclusive de la SATT Paris-Saclay, issue de travaux du CNRS.
Côté financement, un premier tour de 321 000 euros a été souscrit par 31 investisseurs, majoritairement des professionnels de santé et des entrepreneurs. S’y ajoute un financement Deeptech de 500 000 euros de Bpifrance dans le cadre de France 2030. Les fonds levés sur WiSEED dans cette opération ouverte jusqu’à la fin de l’année (300.000 euros avec une extension à 500.000) financeront les prochaines étapes cliniques, réglementaires et industrielles de CTX01, à commencer par la préparation de sa première étude clinique. Des étapes indispensables pour obtenir le marquage CE de ce dispositif de classe IIb et réussir son pari.
Scanlitt, la deeptech sophipolitaine, intègre le catalogue national des solutions d’IA pour PME et ETI
Une belle reconnaissance pour Scanlitt (sortie d’incubation en avril 2024). Aujourd’hui hébergée au Pôle Alpha de Sophia Antipolis, elle figure parmi les 88 entreprises retenues par la Direction générale des Entreprises (DGE) et Hub France IA dans leur catalogue national des solutions d’intelligence artificielle destinées aux PME et ETI. Publiée le 30 juillet, cette sélection, issue d’un appel à manifestation d’intérêt lancé en mai avec le Secrétariat général pour l’investissement, s’inscrit dans le plan national “Osez l’IA”, qui vise 80 % d’adoption de l’IA parmi les PME et ETI d’ici 2030. Sans ouvrir droit à un financement direct, le référencement offre une visibilité nationale et peut être mobilisé dans le cadre du dispositif Diag Data IA de Bpifrance. Scanlitt y est distinguée pour sa solution d’exploration et de synthèse de la littérature scientifique par une IA hybride. “La souveraineté de l’IA ne concerne pas uniquement les modèles : elle concerne aussi les usages, les données et les infrastructures qui permettent d’exploiter la connaissance”, souligne l’entreprise.
Créée en 2022 par cinq enseignants-chercheurs et labellisée Deeptech dès octobre de la même année, Scanlitt détient deux brevets, revendique un gain de temps pouvant atteindre 70 % par rapport à une recherche bibliographique classique. Après l’enseignement supérieur, la recherche et la santé, elle cible désormais la pharmacie, la défense, le conseil et les directions R&D. Une levée de fonds est en préparation sous le pilotage de Nathalie Schlemmer-Maire, nouvelle CEO.
Legapass sacrée Start-up de l’Année au Prix EY
Legapass (sortie d’incubation en décembre 2023) a été désignée Start-up de l’Année pour la zone Sud-Est lors de la 34e édition du Prix EY de l’Entrepreneur de l’Année. Le trophée a été remis à Jean-Charles Chemin, président et cofondateur, le mardi 22 septembre au Conseil régional, à Marseille. Fondée à Nice en 2021 avec Eric Maïda et Adelina Prokhorova, l’entreprise s’est d’abord intéressée à la transmission du patrimoine numérique avant d’identifier, au contact des notaires, un besoin plus pressant : simplifier les contrôles imposés par la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (LCB-FT). Sa solution VigiNot automatise la collecte des justificatifs, les vérifications sur les listes de sanctions et la production de rapports. Repositionnement réussi : elle équipe déjà plus de 4 000 offices notariaux, soit environ la moitié des études françaises. Legapass prévoit de dépasser 15 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026, témoignant d’une croissance extrêmement rapide.
Conçue sous la direction de Jean-Charles Chemin, ingénieur et ancien directeur technique de startup, la technologie s’étend désormais aux autres professions soumises aux obligations de vigilance : des centaines d’agences immobilières, de cabinets d’avocats et d’expertise comptable l’utilisent déjà. “En travaillant avec les notaires, nous avons trouvé une réponse concrète à un casse-tête partagé par toutes les professions soumises aux obligations de vigilance anti-blanchiment”, explique son président. Legapass prépare aussi son développement européen, avec une première implantation prévue à Monaco.
Flatlight : Patrice Genevet, lauréat du Prix Jean Jerphagnon 2026
Cofondateur de Flatlight (sortie d’incubation en mars 2026) Patrice Genevet, chercheur CNRS au Centre de recherche sur l’hétéro-épitaxie et ses applications (CRHEA, CNRS/Université Côte d’Azur), a reçu le Prix Jean Jerphagnon 2026. Décernée par la Société française d’optique, cette distinction récompense des personnalités dont le parcours se situe à la croisée de la recherche, de l’innovation technologique et de l’entrepreneuriat. Le jury était présidé par Alain Aspect, prix Nobel de physique 2022 et médaille d’or du CNRS, et coprésidé par Thierry Georges. Créé en mémoire de Jean Jerphagnon, figure majeure de l’optique et de la photonique, le prix distingue chaque année un chercheur ou un ingénieur porteur d’un projet innovant à forte valeur scientifique ou à fort potentiel industriel.
Chercheur de renommée internationale, Patrice Genevet est l’un des pionniers des métasurfaces optiques. Ces composants ultrafins sont capables de contrôler la lumière avec une précision inédite et ouvrent de nouvelles perspectives en photonique et en optoélectronique. Ses travaux trouvent aussi le chemin de l’industrie, notamment à travers la création de la start-up FlatLight. Un parcours qui incarne pleinement les valeurs du Prix Jean Jerphagnon : faire avancer la science tout en favorisant le transfert technologique vers le monde économique.
Cosma (ex-DEESS) lève 2,05 M€ supplémentaires pour surveiller les fonds marins
La deeptech niçoise Cosma, sortie de l’Incubateur Provence Côte d’Azur en juillet 2025 et localisée à Nice et à l’Ifremer à La Seyne-sur-Mer, a annoncé un tour de table complémentaire de 2,05 millions d’euros. Il fait suite à une première levée de 2,5 millions d’euros l’an dernier et porte à plus de 7 millions d’euros les fonds réunis en dix-huit mois. Les investisseurs historiques ont tous réinvesti au-delà de leur quote-part : Ifremer, Ternel, Wind Capital, Caisse d’Epargne Côte d’Azur et 50 Partners. Trois nouveaux venus les rejoignent : Région Sud Investissement, Ring Capital et Sustainable Ocean Alliance. Fondée en 2022 par Frédéric Mittaine, Yannick Penneçot, Quentin Chenevier et Laura Huguenin, Cosma a mis au point un système de pilotage en essaim et des drones sous-marins autonomes qui naviguent à 1,5 mètre du fond. Ils produisent des images en couleur et en haute résolution, qui permettent une reconstruction 3D photoréaliste du relief et de la biodiversité, là où le sonar n’offre qu’une vision limitée et en noir et blanc.
Ce financement va servir trois priorités. La première est de démontrer la solution dans les environnements les plus exigeants, en matière de visibilité, de profondeur, de courants ou d’isolement. La deuxième est d’adapter les drones à la surveillance des infrastructures sous-marines sensibles, avec des déploiements depuis la côte, un navire ou un drone aérien, un positionnement sans GPS et une gestion renforcée de la confidentialité des données. La troisième vise l’inspection autonome avancée : fusion de capteurs, reconnaissance d’espèces et de menaces, suivi des sites dans le temps.
ExAdEx-Innov décroche un brevet américain après sept ans d’attente
La biotech niçoise ExAdEx-Innov a obtenu en septembre la délivrance de son premier brevet aux États-Unis, sept ans après un dépôt effectué lorsque le projet était encore académique. L’office américain des brevets a validé la nouveauté et le caractère inventif d’un procédé développé autour de modèles de tissus humains, notamment de tissu adipeux, maintenus vivants hors du corps (ex vivo). Ces modèles permettent aux laboratoires de tester des molécules sur des tissus humains avant les essais cliniques, sans recourir à l’expérimentation animale. Ils s’appliquent aux maladies métaboliques, à l’inflammation, à la dermatologie, à la médecine esthétique ou à la longévité. Le brevet a été déposé avec la SATT Sud-Est, qui en est titulaire, et ExAdEx-Innov en exploite les droits. “Voir la reconnaissance de notre travail, qui a émergé de l’Université Côte d’Azur, est un bon signal pour l’innovation à Nice”, se félicite Vincent Dani, cofondateur et CEO.
Cette reconnaissance conforte une société déjà présente outre-Atlantique. Lauréate en 2025 du prix Descroix-Vernier EthicScience, catégorie “Espoir de la recherche”, ExAdEx-Innov travaille avec des industriels pharmaceutiques sur l’obésité, un marché bouleversé par l’essor des médicaments GLP-1. Elle est aussi sollicitée par des acteurs de la dermocosmétique et de la médecine esthétique, souvent américains, qui cherchent à corriger l’amincissement du visage provoqué par ces traitements. Créée en 2022 par Luigi Formicola, Bérengère Chignon-Sicard, Alain Doglio, Christian Dani et Vincent Dani, l’entreprise compte cinq salariés. Elle a lancé en mai son Longevity Lab, une plateforme qui combine modélisation numérique et essais sur tissus humains pour évaluer 24 marqueurs biologiques du vieillissement. D’autres brevets sont en cours, à des stades moins avancés.
