Le 30 septembre, à Alpha de Sophia Antipolis, en partenariat avec la FrenchTech Côte d’Azur, l’incubateur, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rising Sud et le cabinet Dynergie ont décrypté les dispositifs du Conseil européen de l’innovation, de Pathfinder à l’Accelerator, avant d’auditer individuellement les projets des participants. Une vingtaine de participants venus des Alpes-Maritimes et du Var, essentiellement des entrepreneurs deeptech en phase d’émergence ou de démarrage et des chercheurs de laboratoires locaux porteurs de projets d’innovation ont participé à cette réunion de présentation du dispositif AFE PME (aide aux financements européens). Objectif : leur donner les clés du Conseil européen de l’innovation (EIC), qui dispose de 10 milliards d’euros au sein du pilier 3 d’Horizon Europe.

Les experts de Dynergie ont détaillé un continuum d’instruments calé sur la maturité technologique : l’EIC Pathfinder, financé à 100 % jusqu’à 4 M€ pour les projets de recherche les plus amont (TRL 1 à 4) ; l’EIC Transition, jusqu’à 2,5 M€ pour passer de la preuve de concept à la technologie, réservé aux lauréats de programmes européens antérieurs ; et l’EIC Accelerator, qui combine une subvention jusqu’à 2,5 M€ et un possible investissement en fonds propres de 1 à 10 M€ pour les PME prêtes à passer à l’échelle.

L’Accelerator, au cœur de la séance, reste très sélectif mais sourit aux candidats français : 38 % de succès à l’étape de la short proposal en 2026, contre 19 % en moyenne européenne, et un financement moyen de 8,2 M€ contre 6,7 M€. Le processus se déroule en trois étapes, jusqu’à un oral à Bruxelles devant un jury de cinq personnes, et 84 % des lauréats de la dernière vague ont opté pour la formule mixte subvention et equity. Le lauréat « type » français a en moyenne 5,6 ans d’existence, 10 à 15 salariés, et a déjà levé des fonds. Dynergie a également présenté les évolutions attendues en 2027, sous réserve de confirmation, comme une candidature en deux étapes pour le Pathfinder Open, ainsi que les perspectives du futur programme-cadre 2028-2034, avec un parcours EIC simplifié, la création d’un EIC Pre-Accelerator et une ouverture croissante aux technologies duales, déjà finançables depuis juin dernier.

Côté accompagnement, Mathieu Hovanessian, chargé de mission Coopération européenne à la Région, a présenté le dispositif AFE PME, qui prend en charge le montage des candidatures : Dynergie pour la rédaction des dossiers EIC, ABGI pour le coaching à l’épreuve orale. Un comité de sélection associant notamment le point de contact national, la DRARI, Rising Sud et le réseau Enterprise Europe Network évalue chaque projet en amont, tandis que Bpifrance peut cofinancer à 50 % la préparation via le Diag Europe, dans la limite de 10 000 €. La Région s’est fixé l’objectif de capter 10 milliards d’euros de fonds européens d’ici 2030. Nicolas Chehanne, coordinateur EEN chez Rising Sud, a pour sa part détaillé l’appui du réseau, de la pré-qualification à la relecture des dossiers et à la préparation des oraux.

Temps fort de l’après-midi, le témoignage de Plenesys, ancien incubé lauréat de l’EIC Accelerator en 2023, intervenu en visioconférence depuis un chantier client au Danemark, a illustré concrètement l’effet de levier du dispositif. Sept à huit rendez-vous individuels ont suivi la plénière pour évaluer l’éligibilité des projets. Rising Sud, la Région Sud et Dynergie poursuivent désormais les échanges avec les porteurs pour qualifier leur potentiel et les orienter vers l’instrument le plus adapté.

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