Lumidou s’attaque à un sujet encore peu abordé dans l’univers de la femtech : le bien-être intime féminin grâce à la photobiomodulation. Fondée en mai 2026 par Marie Aubry et Patrick Quach, la jeune société développe un dispositif utilisant des LED rouges et proches infrarouges dans une approche de confort intime, progressive et non médicale. Son ambition est de rendre cette approche plus accessible, dans un cadre de bien-être à domicile, avec un usage simple. “Nous voulons démocratiser l’accès à la photobiomodulation et permettre aux femmes de devenir actrices de leur bien-être intime”, explique Marie Aubry. Lumidou s’adresse aux femmes qui souhaitent intégrer une routine de confort intime à domicile, notamment lors de grandes périodes de changement comme la périménopause, la ménopause ou le post-partum, sans se substituer à un accompagnement médical lorsque celui-ci est nécessaire.

Plus qu’un simple appareil, Lumidou associe un dispositif lumineux à une application mobile pensée pour guider la routine sur plusieurs semaines. Celle-ci accompagne la régularité des séances, le suivi des ressentis et la compréhension de l’expérience intime au fil du temps. Ce positionnement bien-être guide le développement de Lumidou : proposer une solution accessible, prudente dans ses promesses et transparente dans sa démarche, tout en s’inscrivant dans un champ scientifique déjà documenté. “Notre objectif était de proposer une approche simple, progressive et accessible à domicile, pour permettre aux femmes de prendre davantage de place dans leur routine de bien-être intime”, souligne la cofondatrice.

Lumidou entre aujourd’hui dans une phase de préparation à la prévente, avec un lancement envisagé dès le 4e trimestre 2026. Son modèle économique repose sur la vente unique du dispositif, proposé autour de 450 euros, incluant l’accès aux fonctionnalités centrales de l’application, sans abonnement obligatoire. Contrairement à certains concurrents, notamment nord-américains, la startup ne souhaite pas enfermer ses clientes dans un système d’abonnement. Des services complémentaires pourront être proposés à l’avenir, mais sans remettre en cause cette philosophie d’accessibilité. La fabrication est préparée avec un partenaire industriel spécialisé dans les objets électroniques de bien-être et les exigences de production associées, avec, à plus long terme, l’ambition de développer une capacité de production en France.

L’innovation constitue toutefois l’ADN de Lumidou. Structurée comme entreprise à mission relevant de l’économie sociale et solidaire (ESS), la société poursuit un important programme de recherche et a engagé des discussions avec un laboratoire d’électronique adossé à une école d’ingénieurs en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les travaux portent notamment sur le microbiome vaginal, l’amélioration de l’expérience d’usage, l’exploration de matériaux plus performants et, à plus long terme, l’intégration de capteurs permettant de personnaliser l’accompagnement proposé aux utilisatrices. L’objectif est également de structurer progressivement une démarche de retour d’expérience afin de mieux comprendre les usages, l’acceptabilité, la régularité et les attentes des utilisatrices dans le temps.

C’est dans cette perspective que la startup a rejoint l’Incubateur Provence Côte d’Azur. Elle y recherche un accompagnement pour structurer sa démarche scientifique, développer son réseau de partenaires académiques et industriels, et identifier les financements nécessaires à ses futurs projets de recherche. “Nous avançons dans une logique de développement progressif et de bootstrapping. Avant d’envisager une levée de fonds, notre priorité est de confirmer notre preuve de marché et de construire une innovation ouverte, utile et accessible au plus grand nombre”, résume Marie Aubry.

 

Tous ceux qui travaillent dans le négoce international peuvent concrètement mesurer la grande ambition de TradeSource : transformer les certificats de dépôt en entrepôt en titres de propriété numériques juridiquement opposables. En clair, passer du monde papier à l’ère numérique. Le projet répond à un problème auquel le fondateur Raphaël Dayan a été confronté pendant plus de 35 ans en tant que négociant dans le commerce international entre l’Europe, l’Afrique et l’Asie : la persistance de documents papier ou PDF facilement falsifiables dans les échanges de matières premières, source de fraudes, de délais de paiement et de difficultés d’accès au financement pour les PME. « Toujours ce document papier dont on n’est jamais sûr : est-ce que c’est l’original ? Est-ce que c’est une copie ? Est-ce qu’il a été falsifié ?« , résume-t-il.

La solution qu’il a mise au point s’appuie sur la Model Law on Warehouse Receipts, un standard récent adopté par la Commission des Nations Unies pour le droit commercial international en décembre 2024, combiné à l’identité numérique, à la signature électronique et à un registre distribué reposant sur une blockchain. Basée à Nice, la société a été créée en 2024 mais n’a véritablement commencé à travailler qu’à partir de fin 2024, puis surtout en 2025, une fois le cadre réglementaire stabilisé.

Le premier cas d’usage concerne un corridor pilote entre le Vietnam et le Ghana sur les exportations de riz, choisi pour démontrer concrètement la capacité de la solution à réduire les risques de fraude documentaire, accélérer les transferts de propriété et diminuer les coûts administratifs. Si la plateforme s’appuie sur la blockchain, Raphaël Dayan insiste sur le fait qu’il ne s’agit que d’un outil, « pas une finalité » : c’est avant tout l’architecture juridique, fondée sur la reconnaissance internationale des documents électroniques transférables, qui constitue la valeur ajoutée de TradeSource.

L’ambition dépasse le simple projet d’entreprise : il s’agit de développer un standard numérique du certificat d’entrepôt à disposition de tous les entrepôts du monde, plutôt qu’une simple marketplace propriétaire, avec une volonté affirmée de faire de ce standard une référence européenne, et donc française, avant qu’il ne devienne mondial. Le modèle économique repose sur des frais d’infrastructure prélevés sur chaque transaction transitant par la plateforme, partagés à parts égales entre acheteur et vendeur, présentés non comme un coût supplémentaire mais comme une substitution aux frais bancaires et lettres de crédit habituels. À cela s’ajoutera une offre d’abonnements incluant du reporting et informations de marché.

Côté développement, le produit s’approche de la commercialisation. Encore dans un environnement de laboratoire, l’infrastructure actuelle a permis de tester les fonctionnalités et de préparer la phase industrielle. L’équipe de trois personnes, composée de Raphaël Dayan, de Nicolas Taraborelli pour la partie technique et d’Alexandre Dayan, prépare actuellement une première levée de fonds en pré-seed d’environ 600 000 euros pour finaliser l’infrastructure, renforcer la protection de la propriété intellectuelle, auditer les smart contracts ainsi que l’infrastructure technique, et financer un volet marketing incluant un roadshow dans les pays ciblés. Une levée plus significative, de l’ordre de deux à trois millions d’euros, est envisagée pour l’année suivante, une fois la traction du marché démontrée.

L’accompagnement de l’Incubateur Provence Côte d’Azur constitue une étape clé pour accélérer la finalisation du MVP (la première version simplifiée), préparer les premiers pilotes commerciaux et structurer les partenariats avec les acteurs de la logistique, du financement et du commerce international. TradeSource bénéficie également d’un partenariat avec le laboratoire de recherche publique GREDEG, en particulier avec le département DL4T dirigé par Marina Teller, pour la validation juridique et l’opposabilité des documents et signatures numériques dans les différents pays de déploiement.

 

DimiCare Biotech s’attaque à un problème de santé mondiale particulièrement préoccupant : la résistance aux antibiotiques. Spin-off issue de la recherche académique azuréenne, lauréate du concours i-Lab 2025, la deeptech développe une nouvelle génération d’antibiotiques de précision contre les bactéries.

C’est à la fin de sa thèse que Juan Antonio Garcia-Sanchez, aujourd’hui CEO/CSO, a lancé son projet en 2022. Il a démarré au sein du laboratoire C3M de l’Inserm en collaboration avec l’Institut de Chimie de Nice (CNRS), autour de la découverte de nouveaux traitements antimicrobiens. Un premier financement du LabEx/IdEx de l’Université Côte d’Azur a permis d’obtenir les premières preuves de concept, avant qu’un plan de développement structuré depuis 2023 ne débouche sur des résultats probants in vitro et in vivo. La société a pu être créée en juin 2026.

L’activité de DimiCare ? Elle consiste à développer des antibiotiques dits de précision et durables ; d’un côté, ils sont capables de cibler certaines bactéries pathogènes sans affecter le microbiote des patients, d’un autre côté, ils le font tout en réduisant la possibilité d’apparition de résistances au traitement. Son programme phare, DCB001, s’attaque au Staphylocoque doré, en particulier ses souches multirésistantes à la méticilline, classées parmi les pathogènes prioritaires par les autorités sanitaires. Dans les essais, le composé développé serait capable d’éliminer 100 % des souches ciblées sans provoquer l’apparition détectable de nouvelles résistances. Un résultat qui répond directement à la crise mondiale de l’antibiorésistance. D’autres programmes ciblant des bactéries, parasites ou champignons différents sont également en cours d’évaluation.

Dans le domaine de la santé, les chemins de l’innovation sont longs. DimiCare n’est pas encore arrivé à un produit commercialisable. L’entreprise se trouve en phase d’optimisation avec une équipe d’une dizaine de personnes déjà mobilisée, mêlant microbiologistes, cliniciens et experts stratégiques. Le programme DCB001 a démontré son efficacité dans un modèle d’infection cutanée à MRSA (Staphylocoque doré résistant à la méticilline) et dispose d’un bon profil pharmacologique. L’objectif est désormais de préparer la phase préclinique. Cette dynamique a été validée à l’échelle nationale entre autres par le prix i-Lab 2025, une distinction qui évalue à la fois la solidité de la technologie, le modèle d’affaires, la stratégie de développement et la capacité de l’équipe à se structurer.

Côté financement, DimiCare Biotech prépare une levée de fonds de 3 millions d’euros au premier trimestre 2027. Elle est destinée à financer la phase préclinique du programme DCB001. Au-delà de cette levée, l’entreprise se dit également ouverte à des partenariats de co-développement avec d’autres entreprises ou laboratoires intéressés par l’innovation antimicrobienne.

Ce parcours de DimiCare illustre aussi la densité de l’écosystème deeptech santé niçois : programme YEP du LabEx/IdEx d’Université Côte d’Azur pour financer une première preuve de concept et le premier poste d’ingénieur, statut national d’étudiant-entrepreneur via Pépite Méditerranée, pré-incubation par l’Incubateur Provence Côte d’Azur, trois pré-maturations distinctes (CNRS, Inserm/Pulsalys et SATT Sud-Est), ainsi que la participation aux programmes internationaux Nucleate et Ulysseus European University. Aujourd’hui, dans la continuité de cet accompagnement, DimiCare entame une nouvelle étape au sein de l’Incubateur Provence Côte d’Azur. Elle y attend un appui pour structurer sa levée de fonds, accélérer son développement de manière indépendante et consolider son ancrage sur le territoire de Nice Côte d’Azur.

 

Créer une filière industrielle du biochar au service de la décarbonation dans les Alpes-Maritimes : c’est l’ambition de Carbone Zéro6, startup fondée par Carine et Alexandre Cagnoli. Ce dernier, ingénieur chimiste spécialiste des projets de décarbonation industrielle, a découvert la filière biochar en Amérique du Sud et y a développé des projets de décarbonation à échelle industrielle, grâce à cette technologie. De retour en France, le couple a identifié une double opportunité locale : une gestion très insuffisante des déchets verts dans les Alpes-Maritimes, où environ 200 000 tonnes de déchets végétaux et bois sont générées chaque année et majoritairement expédiés hors du département pour traitement et enfouissement, et des contraintes réglementaires croissantes pesant sur le secteur du BTP, avec des seuils d’empreinte carbone (RE2020) devant baisser jusqu’à -35 % d’ici 2031.

Leur solution consiste à valoriser localement ces déchets verts en les transformant en biochar grâce à un procédé de pyrolyse (transformation thermochimique de la biomasse sans oxygène). Matériau riche en carbone, capable de le stocker durablement pendant des centaines, voire des milliers d’années, le biochar est reconnu par le GIEC, depuis 2022, comme une solution de séquestration du carbone. Cette filière ouvre aussi des perspectives à la fois environnementales et industrielles.

Le projet se distingue également par son approche circulaire. Contrairement aux producteurs de biochar qui utilisent principalement de la biomasse forestière, Carbone Zéro6 a choisi de s’appuyer sur des déchets verts aujourd’hui enfouis: notamment les troncs, les racines ou des variétés contaminés par des nuisibles. Le biochar obtenu pourra être utilisé dans plusieurs secteurs : incorporation dans les matériaux bas carbone pour répondre aux exigences croissantes de la réglementation RE2020, amélioration des sols agricoles, dépollution de l’eau ou encore vente de crédits carbone. De plus, le procédé étant exothermique, l’usine sera non seulement autonome d’un point de vue énergétique mais fournira une solution de décarbonation industrielle et contribuera à l’autonomie énergétique du territoire.

Si la société est déjà créée, le projet en est encore à une phase de structuration. Les fondateurs préparent les études environnementales et réglementaires nécessaires à l’implantation d’une première unité de production, envisagée dans la zone industrielle de Carros. Les discussions sont également engagées avec des industriels de la construction, tandis que des partenariats de recherche sont en place avec l’Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du Développement Durable, l’Institut de Physique de Nice (INPHYNI) et l’Institut de Chimie de Nice (ICN) de l’Université Côte d’Azur afin de caractériser les différents biochars issus des essences locales et d’en optimiser les usages. L’objectif est de lancer les premiers essais dès cette année, avant une première unité industrielle en opération à l’horizon 2028-2029.

L’entrée à l’Incubateur Provence Côte d’Azur constitue une étape clé de cette montée en puissance. Carbone Zéro6attend un accompagnement bien au-delà de la création d’entreprise : structuration des programmes de R&D, stratégie de propriété intellectuelle, montage des dossiers  France 2030, accès aux financements européens, mise en relation avec les investisseurs et accompagnement jusqu’à la construction de la première usine. “Nous recherchions une structure capable de nous accompagner de la recherche jusqu’à l’industrialisation. Nous sommes à la fois honorés et enthousiastes, à l’idée de rejoindre l’incubateur Provence Côte d’Azur”, résume Carine Cagnoli.

 

Après Perfumist, l’application indépendante d’aide au choix de parfum devenue numéro 1 mondiale avec plus de 3 millions d’utilisateurs dans 200 pays, Frédérick Besson récidive à Grasse avec Smelody, fondée en septembre 2025. Son constat : avec plus de 6 000 lancements par an, soit vingt fois plus qu’il y a vingt ans, le marché de la parfumerie est saturé, sans réelle innovation et les attentes des consommateurs ont évoluées. Smelody propose une première mondiale : une véritable partition olfactive, où le parfum ne se contente plus d’être senti, il s’écoute. Dès que l’on soulève le capot du flacon (une innovation brevetée), une œuvre du répertoire classique se diffuse, et l’accord olfactif s’engage : le geste du parfumage devient un rituel multisensoriel où l’olfactif et l’auditif s’amplifient mutuellement pour exalter les sens. Positionnée sur le segment de la haute parfumerie, la marque lance huit créations élaborées à Grasse par les parfumeurs de la maison de composition Jean Niel, chacune associée à un chef-d’œuvre classique, des Quatre Saisons de Vivaldi à la Lettre à Élise de Beethoven.

La jeune société est aujourd’hui en phase de pré-commercialisation. Le produit est entièrement développé, les brevets déposés, le packaging finalisé et la production lancée. Après un “soft launch” matérialisé par la mise en ligne de son site internet, Smelody prépare pour l’automne un véritable lancement à 360 degrés. Pour asseoir scientifiquement son concept (l’effet amplificateur sur l’émotion de l’association entre olfaction et audition), la marque s’appuie sur un partenariat de recherche avec le CoBTeK, laboratoire de neurosciences de l’Université Côte d’Azur à Nice, qui étudie les mécanismes neuro-cognitifs de cette expérience multisensorielle.

Côté business model, Smelody a fait le choix de la vente directe au consommateur (D2C), via son site internet et les réseaux sociaux, pour ses huit parfums et son coffret. Sa cible : les mélomanes et les amateurs de parfums de niche en quête d’une expérience différente. En parallèle, la société développe une activité B2B avec une offre pensée pour les cadeaux d’entreprise. Plusieurs partenariats sont déjà en cours avec de grandes entreprises pour des cadeaux de Noël ou des lancements de produits. À plus long terme, une fois la preuve du concept apportée par cette première gamme “Smelody Classic”, la startup envisage de décliner sa technologie en marque blanche pour d’autres maisons de parfum.

De son entrée en incubation, Smelody attend un accompagnement sur les différentes étapes de développement du projet : RSE, écoconception, bureau d’études. Si les résultats de l’étude scientifique menée avec le CoBTeK s’avèrent positifs, la société envisage d’aboutir à une thèse CIFRE, comme Frédérick Besson l’avait déjà fait avec Perfumist. L’incubation lui permettra aussi de se faire challenger en permanence par des professionnels, de poursuivre ses collaborations avec le laboratoire, de gagner en crédibilité vis-à-vis de futurs partenaires et de structurer son actionnariat. Enfin, pour cette marque grassoise qui revendique un produit français élaboré avec des parfumeurs locaux, l’incubateur offre un atout supplémentaire : renforcer un ancrage local qui tient particulièrement à cœur à son fondateur.

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