PearCode est engagé dans une des grandes révolutions à venir de l’ère numérique : celle du stockage des données sur ADN synthétique. L’intérêt de cette solution “bio-inspirée” est immense : elle offre une capacité un milliard de fois plus grande que celle des disques durs tout en réduisant énormément le coût d’archivage à long terme grâce à la durabilité de la molécule pendant des milliers d’années sans besoin de migration des données.
Pour se faire une idée, il devient possible de stocker l’ensemble des données d’un centre de données dans un gramme d’ADN et la totalité des données produites par la Terre dans quelques mètres cubes. Ajoutons que cette solution est “bas carbone” et qu’elle permet au numérique de s’inscrire dans la perspective d’une société « net zéro » d’ici à 2050.
La porte de ce “stockage d’information moléculaire” a été ouverte en 2012 avec les progrès réalisés dans la lecture du génome. La France s’est lancée dans la course en mai 2022 avec MoleculArXiv, un programme d’équipement prioritaire de recherche (PEPR) de sept ans doté de 20 M€. Placé sous l’aile du CNRS, il est piloté par Marc Antonini, directeur de recherche. Ce dernier est aussi en octobre 2022 l’un des trois fondateurs de PearCode avec Melpomeni Dimopoulou, chercheuse à l’I3S qui a fait sa thèse sur le sujet et déposé des brevets, et Louis Delaitre, un “business developper” confirmé.
Certes, il reste encore beaucoup de chemin à faire pour pouvoir “coder, écrire, lire et décoder” comme sur un disque dur traditionnel (perspective 2030). Mais les trois spécialistes ont pensé que le “time to market” avait sonné avec de premières applications à développer pour l’industrie notamment sur des solutions de marquage et de traçabilité.
Pour l’exemple, des discussions sont engagées avec l’Oréal pour mélanger d’infimes parties d’ADN synthétique dans les produits cosmétiques ou des parfums. Elles porteraient l’information complète du produit et constitueraient une arme efficace dans la traque aux contrefaçons. Avec Total, il s’agirait de “marquer” le pétrole dont on retrouverait dans la moindre goutte toutes les informations de sa fabrication et de sa provenance. De même, pour lutter contre la fausse monnaie, tout billet de banque pourrait porter son “ADN”. Infalsifiable. D’autres applications sont possibles aussi dans les domaines de la pharmacie, de la défense, de la manufacture, de l’automobile.
La stratégie de PearCode est donc, dans un premier temps, de s’adresser à de gros industriels dont les produits sont exposés à la contrefaçon, d’obtenir des lettres d’intention permettant d’aller chercher des financements pour développer des solutions spécifiques. Ce qui est attendu de l’incubation ? Améliorer cette stratégie, apporter des contacts, peaufiner la vision du marché, aider au développement commercial et accompagner le projet sur le dossier i-Lab.

Retour