
SoftPath, spin‑off de Mines Paris – PSL / CEMEF, a développé une “soufflerie numérique” de nouvelle génération. Appuyé sur la remarquable bibliothèque de calcul du Centre de mise en forme des matériaux de Sophia Antipolis, son logiciel de simulation numérique avancée en mécanique des fluides (CFD, computational fluid dynamics), vise à réduire drastiquement les temps de simulation (jusqu’à des facteurs x10–x100) et la consommation énergétique, tout en améliorant ou en maintenant la précision. Des éléments essentiels pour des secteurs comme l’énergie, l’aéronautique, l’automobile ou les industries qui utilisent massivement la simulation de mécanique des fluides (CFD) pour concevoir, optimiser et fiabiliser leurs produits et procédés.
Quelques exemples. Pour l’aéronautique ou l’automobile, il s’agit d’optimiser l’aérodynamique externe (carrosseries, fuselages, ailes, appendices) pour réduire traînée et consommation énergétique, ou encore d’assurer la gestion des flux internes (refroidissement des batteries, climatisation, circuits d’air). Dans la construction, il faut tester la tenue au vent de tours, ponts, stades, mesurer les efforts sur les structures, étudier le confort piéton (rafales au pied des bâtiments, envol des débris, effets canyon de vent). Autre usage : générer des données de qualité pour entraîner des modèles d’IA physiques. Le champ d’application est immense.
Ramy Nemer (fondateur/CEO), ancien doctorant devenu entrepreneur deeptech, a aussi cherché à porter la simulation CFD à un plus haut niveau. Le moteur haute performance qu’il a développé permet d’accélérer fortement les calculs par rapport aux solveurs traditionnels, de mieux exploiter les architectures CPU modernes, et de réduire la consommation d’énergie liée aux simulations massives.
Créée en avril 2024, SoftPath s’est engagée dans un premier POC (Proof of Concept) avec des partenaires industriels et a déployé sa solution chez eux. Des prestations qui permettent déjà de générer du chiffre. Après une période de pré incubation pour notamment finaliser la licence d’exploitation de la bibliothèque du CEMEF, la deeptech compte cette année déployer ses solutions logicielles chez ses partenaires industriels, continuer à améliorer son produit pour être présente au plan national avant de s’élargir l’an prochain à l’international.
Ce qui est attendu de l’incubation ? Pour Ramy Nemer, “continuer ce qui a déjà été fait en pré-incubation pour structurer le projet, pour évoluer, mais aussi nous challenger sur nos idées (ce qui nous a permis parfois de pivoter), nous aider à lever les verrous comme la licence, nous mettre en relation avec des prestataires externes (avocats), négocier une entrée au capital de l’Ecole des Mines, nous accompagner dans les relations avec BPI…”
